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Annette et Bernard Raud : mémoires vivantes

24 février 2017 - 23:03

 

Il en est à sa 54ème licence en 2017, elle le suit depuis 1970. Dévoués et amoureux du Séné FC, Annette et Bernard Raud sont « tout le temps au club depuis 1995 ». Ensemble, ils ont connu les buts en filets de pêche, la prairie pour seul terrain et même un match avec Raymond Kopa.

Mère et grand-mère de joueurs sinagots, madame est plutôt archives. Elle récite les dates sans faillir, en hésitant à peine de temps à autre. Fonctionnaire à la retraite, Annette Raud a repris ses activités au sein du bureau en 2010 pour devenir trésorière adjointe. « J'ai renoué avec la vie du club par amitié pour Chantal Daniel. Elle a marqué le club ». Elle-même s'était retirée pour causes de santé. . Elle parle sans hésiter d'une « deuxième famille », alors même que son mari, son fils et son petit-fils ont porté ou portent toujours la tunique rouge et noire. « Les joueurs sont un peu comme nos enfants », avoue-t-elle. Entre les murs du club house, elle aimerait « que tout le monde se sente chez lui ici, quitte à se servir lui-même un verre ». Parfois choquée par ce qu'elle entend de la bouche des plus jeunes, elle veut comprendre. « Les petits ont des gestes et des paroles qu'ils ont vus à la télé. On est là, on peut par le football leur expliquer des choses ». Pendant 10 ans et sans broncher, elle a supporté son président de mari. « Pas une mince affaire », admet-il volontiers. Avant ça elle participait allègrement à la vie du club, autrement. Elle s'est occupée des « petits, avec d'autres femmes de joueurs » et s'attachait à préparer les repas de l'équipe pendant que les joueurs partaient se promener. « Ce n'était pas évident. Je rouspétais car on était obligées de ranger et le match était déjà terminé quand on arrivait. Mais on le faisait pour le club ». Ça a duré 8 ans et c'était « très important », comme ne manque pas de le souligner Bernard. Aujourd'hui, elle aspire à ce que le club « conserve ses jeunes pousses. J'appréhende qu'ils partent, ils sont la base d'un club ». Avant de partir, elle ne peut se retenir de parler de ce qu'ils appellent tous les deux « l'époque des bus » : « les supporters suivaient, en bus, les joueurs lors des longs déplacements. Parfois, quand il n'y avait pas trop de monde, tout le monde était mélangé ».

Bernard Raud accompagne d'un silence nostalgique ces vieux souvenirs que son épouse, rencontrée en 1970, fait émerger. Lorsqu'une vieille photo lui tombe sous la main, il cite tous les noms de mémoire, sans hésiter. Parmi les joueurs présents sur le cliché, Louis Guelzec, joueur de la première équipe du Séné FC, en 1948. Le club s'appelait alors l'Union Sportive Sinagote (USS). Président 10 années durant, il a tout vu, ou presque. Notamment une demande de primes de matchs, balayée d'un revers de la main. « Ça aurait fait mal au club. » En 1986, il est même de ceux qui fondèrent alors le « tremplin vers ce qu'est le club aujourd'hui ». « On a monté un siège, une ancienne classe d'école qu'on a démontée puis remontée. On y a mis le téléphone, un bar, la pression, la télé, un frigo... Tout pour que ce soit le plus convivial possible. On avait du mal à en faire partir les joueurs, on était parfois 90 dans 70 m² ». Et pour financer tout ça ? «  On a cherché des partenaires pendant toute une après-midi ». Une belle époque. « Il y avait une ambiance que beaucoup regrettent. On attendait le dimanche. » Avec l'approche du tournoi, Bernard et Annette ont hâte de « retrouver cette ambiance de convivialité et de partage du sport qu'on aime ». Même âgé de 68 ans, il ne compte pas laisser sa place pour l'organisation, qui commencera une semaine avant l'événement pour se terminer deux jours après les dernières remises de trophées. « C'est physique. Il faut monter les chapiteaux, faire les courses... On le fait car on a toujours été habitués à ça, on est un groupe de collègues soudés. » Honoré par la médaille du District, celle de la Ligue et celle de la Jeunesse et des Sports obtenue en décembre dernier, Bernard avoue qu'il « lève un peu le pied ». Mais qu'il faudrait aussi que « les jeunes s'impliquent d'avantage, dans différents domaines. »

 

Présents au club depuis plus d'années que la grande majorité des membres du Séné FC, les époux Raud peuvent assurément compter sur du soutien en interne.

 

« Bernard et Annette sont des gens très sérieux, qui aiment faire respecter l'histoire du club et qui sont vigilants au bon comportement des joueurs, ça leur tient à cœur. Ils donnent un coup de main, s'occupent de la tenue du siège, sont présents aux matchs... Ce sont des gens importants »

Eric Blouet, coprésident

 

« Bernard et Annette sont là tous les week-ends avec les jeunes sur les terrains. Ils sont super investis et appréciés de tous, de par leur investissement et leur ancienneté. Ce sont deux figures de l'encadrement, et ça force le respect. C'est une chance d'avoir des gens comme ça dans la vie d'un club. »

Guillaume Le Gal, capitaine des Seniors A

 

Un avis sur les derbys Bernard ?

 

« Ça a toujours été des matchs assez tendus et âprement disputés, car les deux communes sont proches. Il faut que les matchs se passent dans un bon climat, qu'il n'y ait pas de heurts ni de revanches personnelles des joueurs. C'est un derby sportif, il faut mettre les contentieux de côté. On a besoin de points, le jeu va se dérouler donc que le meilleur gagne. Mais le plus important c'est le climat sportif. »

 Pierre Antoine BOIVENT

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